Administrativement née le 13 avril 1892, BIHOREL est la plus jeune commune de l'agglomération rouennaise.
Cette jeunesse administrative ne l'empêche nullement de pouvoir se targuer d'une ancienneté infiniment plus vénérable.
Une partie de l'histoire de BIHOREL se confond avec celle de BOIS-GUILLAUME dont elle était un quartier.
Lorsque la commune fut fondée, on l'appela "BIHOREL", du nom d'un chemin existant et portant le nom de "Sente Bihorel".
L'origine de ce nom de BIHOREL est incertaine et controversée. Celle qui paraît étymologiquement la plus acceptable vient de la signification attribuée au mot "Bihorel" qui s'écrit parfois "bihorelle" et qui désignait une terre en pente, couverte de mauvaises herbes (ronces, taillis...). C'était jusqu'au début du XIXème siècle, le cas du côteau qui s'étendait de la rue Caron (qui s'appelait alors rue de la Haie) à la Place Beauvoisine.
En ce qui concerne la géologie, il faut souligner que, sur la base d'un plateau calcaire, le sol de BIHOREL comporte une couche d'argile à silex.
Ces silex ont servi de matériaux à nos lointains ancêtres. Plus près de nous, dans la seconde moitié du XIXème siècle et le début du XXème, ils ont été employés à la construction des maisons du Vieux BIHOREL, associés à la brique tirée de l'argile.
C'est donc le passé du quartier Bihorel que nous allons évoquer à travers les âges.
Epoque préhistorique
De nombreux outils de pierre taillée, des ossements, des instruments en os, découverts lors de l'extraction de l'argile qui alimentait la briqueterie maintenant abandonnée (située au Parc de l'Argilière), prouvent qu'un site préhistorique y était installé.
Epoque romaine et gallo-romaine
Des monnaies d'or gauloises récupérées lors de la construction de l'église, vers 1866, témoignent de l'existence d'un habitat celtique.
D'autres pièces aux effigies des Antonins, attestent une occupation romaine.
Des routes romaines ont traversé BIHOREL, et l'une, qui allait de Rouen vers Beauvais et le Nord, longeant la ferme de la Grande Madeleine au Chapitre, était encore utilisée au XVème siècle.
Vers 533-535
Fondation à Rouen, de l'Abbaye de Saint-Ouen (appelée alors Abbaye de Saint-Pierre et Saint-Paul), par Clotaire Ier, quatrième fils de Clovis.
Défrichement probable des terres de BIHOREL qui se trouvaient alors recouvertes par la Forêt Verte (Sylveison ou Sylvaison).
Vers 641
Saint Ouen, archevêque de Rouen, chancelier de Dagobert, donne son nom à l'Abbaye.
Vers 842
Dénombrement de toutes les terres, privilèges et juridictions que possède l'Abbaye : y figurent les terres et le manoir de BIHOREL (Charte de Charles le Chauve).
Il faut, en effet, signaler que, dès le début du Moyen-Age, un manoir existait à BIHOREL, à l'emplacement actuel de l'église. Il appartint jusqu'à la Révolution de 1789, aux moines de Saint-Ouen qui louèrent leurs terres à des fermiers et firent du manoir une "Maison de repos et de médiation" pour les moines fatigués.
Vers 949
Dévastation du plateau de BIHOREL et des environs, par Othon 1er, dit le Grand, empereur d'Allemagne.
Vers 1040
Guillaume le Conquérant se fait bâtir une maison de plaisance à la limite actuelle de Bihorel et de Bois-Guillaume, où il venait chasser.
Début du XIIème siècle
La présence d'un autre manoir est signalée. Après avoir appartenu à une riche famille (Braque), puis, en 1394, aux religieux de Sainte Catherine, il devint, en 1600, la propriété de l'Hôtel-Dieu de Rouen sous le nom de "Ferme de la Petite Madeleine". Le domaine de "la Petite Madeleine" fut acheté par la commune de BIHOREL en 1966; le manoir n'existait plus depuis longtemps, mais la ferme était restée en activité jusqu'à cette date (c'était la ferme à Pécot, du nom du dernier fermier).
Sur les terres, furent implantés quelques pavillons, un ensemble sportif, le Collège d'Enseignement Secondaire.
Il ne reste rien des bâtiments d'origine, mais seulement quelques constructions des siècles récents. Le pressoir qui datait de la fin du XVIIème siècle fut abattu en 1975; la mare subsiste encore (mare à Pécot). Une construction du XIXème siècle est devenue "la Grange de la Petite Madeleine" ; des bâtiments de la même époque ont été aménagés pour des activités culturelles (poteries, peintures, expositions diverses).
1136
Premier incendie de l'Abbaye de Saint-Ouen. Elle est reconstruite avec des pierres provenant de la carrière de BIHOREL.
1248
Deuxième incendie de l'Abbaye de Saint-Ouen. L'Abbé Hugues de Contremoulins se réfugie avec "ses lettres, écritures et reliquaires", au manoir de Bihorel.
Vers 1269
Le domaine de la Madeleine est donné aux malades et lépreux de l'Hôtel-Dieu de la Madeleine de Rouen par Robert de Bois Guillaume qui partait en croisade. Une partie du domaine de la ferme de "la Grande Madeleine" sera achetée par la commune de Bihorel dans la deuxième moitié du XXème siècle. Il reste, donnant accès à l'ancien corps de ferme, un portail à double entrée (charretière et piétonnière) avec de beaux piliers dont l'un porte une plaque rappelant le don fait aux Hospices.
Fin du XIIIème siècle
Fondation de la Chapelle de Sainte Véronique (ou Venise ou Venisse). Une léproserie devait exister dans le quartier de Bihorel où l'on trouve les noms de Venise.
Ce fut la grande époque de l'élevage des moutons à Bihorel. Les moines utilisaient la laine ; les peaux étaient transformées en parchemin.
Dans ce siècle, quelques dates importantes :
Le 7 décembre 1339, l'Abbé Marc d'ARGENT, Abbé de Saint-Ouen, qui séjourna plusieurs fois à Bihorel, y meurt. C'est cet abbé qui avait posé la première pierre de l'actuelle abbatiale. Un cortège grandiose le conduit à Rouen où il est inhumé dans la chapelle Notre-Dame de Saint-Ouen.
Le 25 février 1382, les "fourches patibulaires" (= gibet où les moines de Saint-Ouen qui possédaient le droit de Haute Justice faisaient pendre les condamnés) furent démolies par les bourgeois de Rouen qui se révoltèrent (révolte de la Harelle). Reconstruites, elles seront à nouveau démolies le 13 août 1473 par les Bourguignons (guerre de Cent Ans). Relevées, elles seront définitivement abattues à la Révolution.
1428 - 1429
Pour être conduite à Rouen, Jeanne d'Arc serait passée à BIHOREL, par le chemin dit de Beauvais qui longe la ferme de la Grande Madeleine.
De la fin du XVème au XVIIIème siècle -
Les terres du manoir des moines sont louées à des fermiers. Des baux de location (certains sur parchemin) permettent de connaître les conditions de fermage de cette époque. Les baux sont établis tous les neuf ans, à la Saint Michel.
Durant plusieurs siècles, de nombreux procès ont lieu, opposant ces fermiers aux bouchers de Rouen qui mettaient indûment leurs bêtes à paître et engraisser sur les terres des moines.
Au XVIIIème siècle, décadence du manoir et de la ferme.
Révolution
En 1791, les biens de l'abbaye de Saint-Ouen, situés à Bihorel, sont vendus au Sieur Pain d'Etancourt. La propriété sera reprise plus tard par ses descendants, les familles de Beaunay et de Lestanville (d'où ces noms donnés à des rues de notre commune).
1837
Dernier état de la ferme de Bihorel et démolition de la plupart des bâtiments vers 1845.
1866 - 1868
Construction de l'église de BIHOREL (Notre-Dame des Anges) sur un terrain offert par le Vicomte de Beaunay, héritier des Pain d'Etancourt. De style ogival de la fin du XIIIème siècle (néo-gothique), elle allie la pierre et la brique. Elle mesure 45 mètres de long et 25 mètres de large. De 1962 à 1966, l'église reçut de nouveaux vitraux ; d'une très grande luminosité, ils sont dûs au maître-verrier bihorellais Bernard LEGRAND qui, après avoir eu son atelier rue Faidherbe, fonda l'actuel Atelier de Restauration des Monuments, installé à Darnétal, dans l'ancienne usine textile Fromage.
L'église fut bénite solennellement le 30 novembre 1868 par le Cardinal de BONNECHOSE, Archevêque de Rouen, ami de Napoléon III ; le premier curé fut l'Abbé Henri Floquet (1871 - 1886).
1892
Le quartier Bihorel (devenu paroisse grâce à son église), est détaché, non sans résistance, de Bois-Guillaume.
La commune prend naissance le 13 avril 1892.
Le premier maire fut le Docteur CARON dont le buste, primitivement installé place du Docteur Caron (actuelle), à l'extrémité de la rue qui porte également son nom, fut ensuite transféré dans les jardins de l'Hôtel de Ville.
Bihorel a longtemps été un quartier peu peuplé. Le côteau qui descendait vers Rouen était en effet recouvert de broussailles, d'osier, de genêts, de ronces... La commune a commencé à avoir des constructions plus nombreuses à partir de 1830. Une des premières fut celle de la famille Poullain-Dumesnil et que l'on appelle le "Château Michelet", parce que le grand historien y vint fréquemment entre 1840 et 1849. D'autres maisons se bâtirent et des chemins se dessinèrent, sans aucun plan d'ensemble.
Le développement anarchique de ce quartier sera à l'origine de querelles, pétitions, commissions d'enquêtes, lettres préfectorales..., qui aboutiront à la scission de la commune de Bois-Guillaume (qui était alors l'une des plus vastes de France).
Le quartier BIHOREL qui s'estimait délaissé, prend alors sa destinée en mains.
1892
Premier budget. La Mairie s'installe au premier étage de l'école des garçons.
1894
Création du cimetière.
1898
Demande d'une recette auxiliaire des Postes. Nomination des rues et numérotage
des maisons.
1905
Acquisition de l'immeuble Legendre qui devient la Mairie.
1912
Distribution d'eau à la Mairie, au moyen d'un jeton.
1920
Cinq postes de distribution d'eau à Bihorel et une bouche à incendie. Le Monument aux Morts est érigé dans le cimetière. Le téléphone est posé à la Mairie.
1930
On goudronne les rues.
1932
Monsieur MALLE, Maire, offre un terrain rue Carnot pour construire la Salle des Fêtes qui sera inaugurée en 1935.
1934
Monsieur Louis GASCARD fait don à la commune de la Place Saint-Louis.
1942
La statue du Docteur Caron est enlevée une nuit (c'est la guerre et on récupère les métaux non ferreux). On supprime le socle de la statue qui gêne la circulation au carrefour.
8 mai 1945
Fin de la guerre. Le buste du Docteur Caron avait, en fait, été enlevé par de courageux citoyens et caché en lieu sûr. Il est ramené par ceux qui l'avaient sauvegardé.
1949
Projet d'assainissement de l'agglomération rouennaise par réseau de collecteurs.
1952
Aménagement de la Place de l'hôtel de Ville. Réalisation sans frais du Jardin Public attenant à cette place (square Tamarelle). Arbres, arbustes, bancs, ont été offerts ainsi que les matériaux nécessaires à la construction de l'escalier. La foudre tombe sur l'église dont la toiture sera réparée.
1953
Le projet des nouvelles armoiries de BIHOREL est adopté.
1956
Pose de la première pierre du Complexe sportif "Maréchal Leclerc". Acquisition de la Propriété Cheuret (villa Etiennette) qui est transformée en six logements destinés à des familles mal logées (en location-vente). La Perception s'installe rue Lanjallay.
1957
Construction de 48 logements H.L.M., rue des Canadiens et rue Alfred Bizet.
1960
Le principe d'une Z.U.P. est adopté. La première pierre du Centre médico-social, du Centre Commercial et du Groupe Scolaire René Coty est posée en novembre 1963 ; ils seront inaugurés en février 1965. De nombreux rapatriés venant d'Afrique du Nord ("les Pieds Noirs"), seront accueillis dans les appartements de la Z.U.P.
1962
Domaine du Chapitre : projet d'implantation de lotissements pavillonnaires.
1965
Construction du Foyer Tamarelle, résidence pour personnes âgées.
1966
Achat de la Ferme de la Petite Madeleine aux Hospices Civils de Rouen. Le champ de courses est également acquis par la Ville. On construit le gymnase Pierre de Coubertin.
1967
Projet d'implantation d'un Collège d'Enseignement Secondaire. Utilisation de certains bâtiments de l'ancienne ferme de la Petite Madeleine (Grange, ...).
1968
La Z.U.P. devient "Plateau des Provinces" ; chaque immeuble porte le nom d'une province de France.
1969
Inauguration du Collège, du gymnase Pierre de Coubertin, de l'école Maternelle René Coty. Les écoles sont alors géminées. L'ancienne Ecole de Filles, rue de Verdun, sera destinée aux activités culturelles (centre Malraux).
1971
Construction de la piscine Georges VALLEREY.
1973
Bihorel adhère au S.I.V.O.M.
1976
Achat du terrain Chouard (ancienne briqueterie), pour en faire un parc de loisirs, "le Parc de l'Argilière", qui sera inauguré en 1979.
1977
Agrandissement du Cimetière.
1979-1980
Salle polyvalente au Domaine du Chapitre.
1982
Tennis et aires de jeux au Domaine du Chapitre.
1983
Extension de la Mairie. Acquisition des "laboratoires Gascard" ; la "Bibliothèque Pour Tous" s'y installe en 1985.
Décembre 1988
Inauguration du nouveau Bureau de Poste.
17 juin 1990
Dans les jardins de l'hôtel de Ville : inauguration de la stèle à la mémoire du Général de Gaulle, chef de la France libre.
Décembre 1992
Inauguration de la mini crèche Halte-garderie, qui sera agrandie en 2002.
Ceci n'est qu'un résumé de l'évolution de notre commune qui a, maintenant, l'équipement d'une petite ville de plus de 9.000 habitants (9057 exactement)et ne dispose quasiment plus de terrains disponibles.
Des personnages célèbres ont vécu ou séjourné à Bihorel.
L'historien
Jules MICHELET, y a séjourné très souvent entre les années 1840-1850; il y a composé certaines de ses oeuvres. Sa fille a épousé le fils d'un habitant de Bihorel, Monsieur POULLAIN-DUMESNIL, qui a donné son nom à une rue de la ville.
L'acteur Victor BOUCHER a séjourné au "Café de la Vierge" que ses parents tenaient (face au carrefour Caron). Une plaque rappelle cette présence.
Charles NICOLLE, prix Nobel de médecine (1847 - 1918), y avait sa résidence.
Le peintre Paul GAUGUIN peignit en 1884, l'église Notre Dame des Anges.
L'écrivain A. SALACROU passa un été rue du Point du Jour.
Parmi les personnalités locales, il faut citer Auguste MARIDORT, ancien professeur de physique et de chimie au Lycée Corneille de Rouen. Il a écrit des mémoires scientifiques et des pensées philosophiques. Il est mort en 1900.
Son fils, le Docteur MARIDORT fut chroniqueur et auteur de plusieurs livres dont "Les Drames Cérébraux". Il fut Maire de Bihorel de 1911 à 1914.
Jules-Albert GASCARD, pharmacien, décédé en 1917, fut un bienfaiteur de la commune, un ami des enfants et des jeunes auxquels il donna gratuitement des cours de sciences naturelles et de physique. C'est lui qui installa à Bihorel le "Laboratoire d'Eau des Jacobins" et un musée dans les mêmes locaux, place Saint-Louis.